Nous sommes une ribambelle
de bâtons de confréries. Il faut nous imaginer en procession. Au
moment des rogations tout particulièrement (les trois jours qui
précèdent la fête de l'Ascension). M. le curé, les enfants de chœur
et les fidèles partaient alors de l'église vers la campagne pour
demander à Dieu la protection des moissons à venir. C'était un vieux
rite païen christianisé. Mais dans cette société ancienne il
n'était pas question de défiler dans le désordre. Dans cette paroisse
comme dans toutes celles du royaume, les chrétiens pouvaient pour des
raisons diverses : activité professionnelle, démarche pieuse, ou plus
simplement appartenance à un quartier, adhérer à une confrérie.
Chacune avait un saint protecteur : saint Nicolas (pour les enfants),
saint Michel (le saint patron de cette église l'était aussi des
gendarmes), la vierge Marie (pour les jeunes filles), le Saint-Sacrement
(pour les personnes très pieuses)…. Chacune tenait à avoir un
bâton, dans l'église ce bâton désignait l'emplacement où
s'asseyaient les confrères et lorsqu'une procession s'ébranlait
c'était derrière ce bâton, décoré de couronne et de bougies que les
membres se groupaient. Souvent on payait une petite cotisation et avec
cet argent on louait la place assise pour l'année dans l'église, on
pouvait aussi aider un confrère dans la difficulté, s'occuper de ses
obsèques et faire dire des messes pour le salut de son âme, ou bien
encore commander un nouveau bâton plus à la mode… c'est ce qui
explique qu'il y en ait de plusieurs époque (du 16e au 19e siècle).