Lassicourt (poutre de gloire)
Dans cette église, si modeste,
de campagne, nous veillons disent Marie et Jean. Bien sûr nous ne
reposons plus sur la " Poutre de gloire " qui marquait
l'entrée du chœur, de part et d'autre du grand crucifix, mais notre
style très soigné prouve que, malgré les outrages du temps, nous
sortons de l'atelier d'un bon sculpteur, au tout début du 16e siècle.
Sages et résignés, vêtus
modestement : Marie d'une grande robe très souple et d'un large manteau
serré sous le cou par deux gros boutons jumeaux et dont un pan est
retenu sous le coude droit, et l'apôtre et évangéliste Jean, comme M.
le curé : d'une lourde robe recouverte d'un manteau dissymétrique,
bien pratique pour un prédicateur car il libère le bras gauche. Le
sculpteur nous a saisi à l'instant de l'acceptation où le Christ
mourant remet sa mère à Jean : voici ta mère, voici ton fils. Dans
nos attitudes et surtout celles de nos mains aux inflexions différentes
peuvent se lire toutes les nuances de l'acceptation : de la soumission
aux limites de la révolte.
M. H. 09-10-1961